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Dix années de harcèlement
TÉMOIGNAGE DE MICHÈLE

Christine
-rédactrice

mardi 14 mai 2002


« À quarante et un ans, me retrouvant seule et élevant mon fils qui faisait ses études, il y eut urgence à ce que je me fixe rapidement professionnellement. Je m'appelle Michèle et je vous raconte mon histoire.

« J'ai accepté un poste dans une institution de retraite couplée à une compagnie d'assurances, son réassureur. Dès l'entretien d'embauche, l'homme qui me reçoit, et qui sera plus tard mon supérieur et mon harceleur durant dix ans, va mentir sur de prétendues activités professionnelles.

Cet homme, grade inspecteur, possède un grand secteur d'activité et doit être très mobile et tourner plus largement dans le dit secteur. Mais ayant un très mauvais contact avec la clientèle, comme avec son personnel d'ailleurs, celui-ci s'avèrera un homme « de fauteuil » et de bureau, et malgré sa grosse voiture de société se déplacera le moins possible.

À l'entretien d'embauche il avait été prévu que je mette en place un système de classement. Or c'est son épouse, n'ayant aucun rôle officiel dans cette entreprise, qui est venue pendant des semaines mettre en place son classement. Elle se mit à me surveiller, m'espionner, me jalouser à un point tel que j'ai dû intentionnellement laisser traîner dans mes tiroirs personnels régulièrement fouillés, la photo de mon ami, afin qu'elle me pose des questions et que je la rassure : j'avais un homme dans ma vie.

Durant des mois elle est venue au bureau, sur ordre de son mari lorsqu'il était en déplacement, pour questionner tout le monde, autant sur la production que la vie personnelle de chacun, mettant le trouble en colportant des ragots. Pendant des années j'ai dû affranchir et poster son courrier personnel (club de randonnées, Lion's club et autres).

Quand à « l'inspecteur » dès le troisième mois de ma présence, il a commencé à changer de ton et a « remarqué » que j'étais autonome et indépendante.

Ont commencé alors les réflexions désobligeantes sur un ton ironique et sarcastique pour me parler, puis ont suivi des instructions pour le moindre petit travail à faire : choisir un feutre pour faire à la main des étiquettes de dossiers, par exemple.

Toutes les occasions étaient recherchées pour me brimer, me casser, me retenir le soir après l'heure, me prendre en faute, me critiquer en public, en réunion, dénigrer mes capacités professionnelles, ma personnalité.

Ma santé nerveuse et physique a commencé à être atteinte : troubles du sommeil, malaise et manque de confiance en moi se sont installés.

Après la fouille de mes tiroirs, j'ai subi des pressions pour me faire partir à la direction régionale de M..., puis des insultes graves.

Chaque courrier était à refaire systématiquement ; record battu en 1999. J'ai dû retaper de façon différente à chaque fois : le maigre en gras, le gras en maigre, le non-souligné en souligné et le souligné en non-souligné, une circulaire de la direction déjà toute prête. Au total : sept fois.

L'été et à Noël, au moment où il y avait le moins de clients à recevoir, je devais aller compter les imprimés au sous-sol, dans les locaux des archives, réserve de la réserve des imprimés du 1er étage.

Pendant ce temps là, « l'inspecteur » fait de la politique dans les bureaux et m'oblige à lui taper de nombreux courriers.

Puis il remarquera que j'ai de bons contacts avec la clientèle et que les gens viennent spontanément vers moi et avec plaisir. Il décide d'enlever la chaise placée devant mon bureau, de façon à ce que les gens restent debout (idem invalides, femmes enceintes, malades) et que ceux-ci ne me parlent pas très longtemps.

Juin 1998, M. C.S.J., directeur général, vient mettre un peu d'ordre en A... ; l'atmosphère y étant irrespirable, de nombreux collègues ont eu à se plaindre, et des échos sont remontés jusqu'à Paris.

Décembre 1998, je dois rappeller le même directeur car rien n'a changé et je lui signale que je suis victime de pressions, menaces et chantages. Celui-ci répond qu'en janvier 1999 tout ceci sera réglé.

Mais en septembre 2000, toujours le même harcèlement.

Sous prétexte des 35 heures « l'inspecteur » déplace ou supprime mes heures de travail.

2000, j'ai de gros problèmes de santé : cholestérol, triglycérides, glycémie, vertiges et troubles de la vue, polyartralgie des deux mains.

Chaque retour de maladie est l'occasion d'un « passage à tabac moral » où je suis convoquée dans son bureau, porte fermée, tout est remis en question, et les menaces pleuvent sans que jamais je ne plie.

Mais à quel prix ? Il faut tenir.

Puis je serai surveillée par un autre agent à qui il attribue un maximum de contrats à gérer.

Fin de l'année, « l'inspecteur » s'absente trois mois d'affilée pour maladie, congés etc. Et nous le remplaçons sans problème au point que je gagne en première un concours national, et un voyage à Prague.

Et pourtant je n'irai pas à ce voyage, mon inspecteur guéri et sa femme y participant, je remercie le directeur général de son invitation.

J'ai tenu le coup grâce à mon médecin traitant, à la médecine du travail qui est au courant et a consigné cela dans mon dossier médical (pièce que je fournirai plus tard aux prud'hommes).

Bilan à ce jour : quinze salariés « partis » en dix ans, trois procès aux prud'hommes, un gagné pour « licenciement abusif » mais hélas l'agent concerné est décédé à quarante-trois ans à peine, deux ans après son licenciement. C'est son fils qui a poursuivi l'affaire, le second procès est en appel pour rétrocession de commission.

Aujourd'hui, un an et demi après avoir quitté ce goulag, je suis toujours angoissée, peureuse, craintive et j'ai toujours des troubles du sommeil, je suis toujours sous traitement.

J'ai réussi à quitter l'entreprise en demandant à partir par l'intermédiaire d'un plan social et à cinquante-deux ans je me retrouve dehors avec interdiction de retravailler : clause précisée dans le plan social.

Je pense qu'à mon âge j'avais encore plein de possibilités intellectuelles et professionnelles à développer, et que le préjudice professionnel est important.

Cette année, le 30 janvier 2002, le jugement de mon procès aux prud'hommes est rendu, positif pour moi dans les faits, le harcèlement est reconnu mais l'indemnité n'est que de 4573 euros, soit 30 000 fr.

J'ai donc fait appel. »




FORUM
> Dix années de harcèlement
25 août 2006, par Jean

Chere Amie,

Votre chemin de croix est le mien. Nous sommes des millions a en souffrir, cela a toujour ete et sera toujours. Les gens genereux et bons attirent les pervers. Cela fait parti d'une epreuve de vie, et il y a de nombreux pervers pour nous l'apprendre. Faite un proces a ce pervers, ne le laissez pas s'echapper.

Jean

> Dix années de harcèlement
7 février 2005, par caroperiac@hotmail.com

Comme vous j'ai subi un harcelement moral durant huit années non de mon employeur, mais de mon ex-mari. très heureusement après des péripéties très graves, sa famille a, l'an dernier, compris, depuis il semble se calmer. Comme vous, j'ai du quitter mon travail et comme vous,moi la battante, je me retrouve non battue, mais cassée. Je dors très mal, pleure souvent et je n'ai plus l'optimisme d'avant. Bref tout a changé en moi. Heureusement dans ce tourbillon destructif, j'ai cru en ma bonne étoile. Mon mari (2ème) est venu pour me soutenir. Lui aussi a été manipulé dans son passé. Nous étions donc fait l'un pour l'autre. L'important était mon fils ( 12 ans au début et 21 à la fin) un goulag pour cet enfant qui tétanisé ne s'avait plus que faire , mais trouvé en ce nouveau père de composition un soutien mais surtout un exemple. mais les élucubrations de mon ex-mari ne faisant qu'augmenter avec mon mariaige, la scolarisation de mon fils devint alors néante une année pour être catastrophique la deuxième . Difficile époque. Mais le but était de réussir nos vies et cette famille recomposée. Baisser les bras, était pour nous, donner à l'autre une jouissance destructive. Alors avec patience, espérance et beaucoup d'amour, nous avons dédié quatre années à mon fils. Sur ses rails enfin je peux soupirer mais comme vous, personne ne m'enlèvera ma souffrance morale. La vie est là ceux qui m'entourent aussi et pour eux, je m'efforce d'avancer et de rechercher ce qui me redonnera cette lumière qui me faisait foncer. Courage la santé est le plus important pour nos enfants et vous avait bien fait de partir. (Kperiac)Un jour vous trouverez votre chemin tout comme moi. Ma santé reviens à petit pas. Votre fils à besoin de vous et surtout de votre force. Votre énergie est son armure pour son futur ne l'oublié pas.

> Dix années de harcèlement
28 février 2004

Février 2004 Pendant 10 ans j'ai été harcelée par ma chef, la propre assistante sociale de l'entreprise. J'étais trop mal pour faire quoique ce soit sinon de subir. Cela s'est terminé par une paralysie. j'ai mis 2 ans pour remarcher. La sécurité sociale m'a mis en invalidité 1ère catégorie pour me protéger. J'ai repris mon travail à mi-temps. Le harcèlement a recommencé. Travaillant dans les mêmes locaux ques le médecin du travail et les infirmières tout le monde était au courant mais personne n'a rien fait. Il faut dire que dans cette immense entreprise quand il y a pbe de harcèlement c'est généralement les employés qui sont mutés ou virés et c'est le harceleur qui garde sa place et souvent monte de grade.

Suite à ce nouveau harcèlement je suis de nouveau tombée malade. La direction m'a appelée chez moi, là je les ai menacé de porter plainte. Suite à cela j'ai repris mon travail mais je ne travaillais plus que pour l'autre assistante sociale.

Ma chef avait été transférée dans un autre bureau. ELle a continué à m'ennuyer.

Enfin, j'ai connu 2 années de tranquilité. Ensuite l'assistante sociale que j'estimais a été vendue à une autre filiale. Je l'ai remplacé pendant plusieurs mois en attendant qu'une autre AS soit nommée. Ensuite on m'a mutée 5 fois bien sûr sans courrier officiel. Les derniers temps, suite à de grosses restructurations dans l'entreprise, de plus en plus de salariés venaient me voir en pleurant. J'ai compris que l'As travaillait avec la direction et qu'elle était là pour qu'il n'y ait pas trop de vagues. Le service dont on dépendait a voulu encore me muter. Cette fois j'ai refusé. et là j'ai payé. Pendant 3 mois c'était la folie. chef du personnel me convoquait et à chaque fois n'était pas là.

Après plusieurs entretiens avec les directeurs, où je demandais si je faisais partie des personnes licenciées, après une ultime réunion avec le pdg le médecin du travail SOUS ORDRE DE LA DIRECTION, m'a convoqué et a voulu me faire reconnaître que j'étais inapte au travail. Ce que j'ai refusé car je savais que c'était une manoeuvre pour me licencier pour inaptitude.

Heureusement, j'ai trouvé un soutien auprès de l'AS de la Sécurité sociale qui m'a arrêtée jusqu'à mon licenciement.

Et voilà, j'ai été licenciée au bout de 30 ans, soit disant parce que Schlumberger n'avait pas de poste à mi-temps à me proposer.

Le 1er mars je ferai comme de nombreux salariés en ce moment, j'irai pointer à l'ANPE.

Qu'on ne me dise plus de m'impliquer dans mon travail. Est-ce que je serai capable seulement de me retrouver face à un recruteur. Est-ce que je pourrai de nouveau passer une visite médicale en entreprise sans avoir peur.

QU'ON NE DISE PAS QUE LES FRANCAIS SONT FAINEANTS, ILS SONT SEULEMENT FATIGUES DE NE PLUS ETRE RESPECTES DANS LEUR TRAVAIL.

Ecrivez-moi si vous le voulez. CROYEZ-VOUS QUE JE DOIVE ME BATTRE AU PRUD'HOMME. FACE A UNE TELLE ENTREPRISE AI-JE UNE PETITE CHANCE

Merci et bonne chance à tous.

Michèle

Mon e.mail : michele.lucas92@wanadoo.fr

> Dix années de harcèlement
21 décembre 2002

Madame, Sachez que je comprends très bien ce que vous avez dû endurer et certainement votre dégôut quant à ces douteux personnages "protégés" par, on ne saît trop qui. j'ai 55 ans et j'ai, à peu de chose près, vécu (11 ans)la même histoire dans l'Armée " cette soi-disant grande famille". Le pire c'est qu'une "femme étrangère à l'armée" à fait parti du piège et que, par manipulations successives un petit garçon est né il y à bientôt quatre ans. Ce petit me connaît et il m'aime énormément (c'est réciproque). Aujourd'hui fin, obligatoire, du harcèlement. "On" retire les billes, et je suis contraint d'abandonner ce petit bonhomme qui se retrouve seul dans une famille de "...." J'ai l'intention de raconter mon histoire plus en détail si j'en ai le temps et la possibilité. En attendant... Bravo,pour avoir trouvé une issue à votre calvaire. Amicalement.

  • > Dix années de harcèlement
    21 décembre 2002, par
    Michel

    Si vous souhaitez publier votre témoignage, vous êtes bienvenu sur le site.

    • > Dix années de harcèlement
      24 décembre 2002, par
      Marco

      Merci pour votre invitation. Je viens d'envoyer un E-mail préalable à Patrick (technique de harcèlement). A bientôt peut-être. Amicalement.Marco

    • > Dix années de harcèlement
      25 février 2003, par
      zazou

      Bonjour, Je suis une jeunne femme célibataire,belle et cadre ingénieur,j'habite Alger .J'ai été victime et je le suis toujours d'un harcélement sexuel,verbal et moral de la part de certains de mes résponsables,à cause deleurs envies maladives j'ai récolté souffrance,angoisses,stress qui m'ont pousser à crier dans les couloirs de notre entreprise qui est bien réputée dans notre pays c'est une entreprise de pétrole. Les débuts de cet harcélement remonte à trois ans,mon dossier a été noirci par des sanctions de tout type avertissement inscrit au dossier,mise à pieds ,menace de licenciement...ect. Aidez moi SVP je me noie.

      • > Dix années de harcèlement
        27 janvier 2004, par
        de passage

        "etre obligé de" c'est mourir même si cadre, jolie... on est (on naît) tous pareil le choix entre liberté et confort est parfois difficile mais il faut à tout prix le faire bon courage .

        • > Dix années de harcèlement
          2 avril 2005, par
          mha29
          dix années de harcelement

          Je prends connaissance de ce message aujourd'hui. Je comprends tout à fait ta positioin. Le harcelement il faut le vivre pour le comprendre. J'ai moi même été victime du harcélement moral, pour que je démissionne, ca cela coutait trop cher de me virer après 10 ans de bons et loyaux services.

          • > Dix années de harcèlement
            24 juin 2005, par
            Christine

            Je suis étudiante, et je suis vraiment touchée par ce que vivent les victimes de harcèlement.

            Actuellement, je fais un travail sur le harcèlement et j'aimerai beaucoup rencontrer une victime de harcèlement si cela est possible. Ou encore lui envoyer mon questionnaire par mail. Ce sera comme la personne le voudra, car je comprend qu'il est très difficile de revivre ces moments pénibles.

            Voici mon adresse mail : chrispal00@yahoo.fr, vous pouvez m'écrire.

            Dans l'attente d'une réponse de votre part, je vous souhaite beaucoup de courage.

            Merci beaucoup.

      • > Dix années de harcèlement
        6 septembre 2005, par
        Aniss

        Bonjour Zazou,

        Je te crois, Algérienne, ayant vécue en Algérie longtemps avant d'atterrir à Paris. les gens a qui je raconte la folie des mains aux seins et autres doivent me prendre pour une folle. Ici Paris et le harcelement et autre et aussi grave étant depuis plus d'un an en congé médical pour dépression nerveuse suite aux agissements épouvantables de certaines personnes (secretaire et directeur adjoint d'une très grande école parisienne dépandant d'un ministère). On est le 6 septembre 2005 et j'espère que tu as trouvé une solution. je ne cherchais pas spécialement, pas du tout un forum c'est le hazard. Je te souhaite du courage. Aniss

      • > Dix années de harcèlement
        26 février 2006, par
        aliouet
        courage

        il faut ce battre à fond,il ne faut pas se laisser aller, j'ai vecu le meme probleme il faut les faire payer ces laches bon courage



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