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Harcèlement: 1. La rencontre
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1. La rencontre
Prélude

lundi 1er avril 2002,  par Crypto


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TÉMOIGNAGES
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  « Bonjour, je m'appelle Véronique... »
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  « On vous a trouvé nu... »
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>« Un papier et un crayon sont amplement suffisants »
   « Le calvaire d'un chercheur » [original]
   « Le calvaire d'un chercheur » [texte]
   La rubrique « Un papier et un crayon... »
   « Tout manquement à cette règle »
>Aux armes, etc.
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   Vous voulez partir ailleurs ? !
   Mais pour qui travaillez-vous ? !
   Le travail, c'est la santé !
   Rétrogradée
   Stupeur et tremblements
   Le coup du sort
>Harcèlement par les administrations
   La rubrique « Harcèlement par les administrations »
>Mémoire de stage
   0. La rubrique « Mémoire de stage »
   2. La réunion du mois de mai
   3. La rentrée
   4. L'atelier
   5. L'avertissement
   6. L'emploi du temps
   7. « On va dans le mur »
   8. Le coup de grâce
   9. La survie s'organise
   10. Blâme, blâme, blâme
   11. « le jury est souverain »
   AFPA blues
    « Il n'est pas le seul »
    « J'en veux pas à Sandrine »
    Des nerfs solides
    « Dangereuse pour les stagiaires »
    Après l'heure c'est plus l'heure
    « On n'a pas de comptes à rendre... »
    « Peut-être un peu non-voyant »
    « Il y a eu un viol »
    « J'y croyais pas ! »
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    « Un avertissement vous est infligé »
    Les faux monnayeurs
    Un psychologue vous est proposé
    Le courage de revenir
    « La direction est embarrassée »
   La poudre d'escampette
    Tu roules toujours à 90, toi !
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   Protéger le coupable [8]
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   Protéger le coupable [6]
   Protéger le coupable [5]
   Protéger le coupable [4]


Je suis artisan ébéniste à Nantes. Je travaille le bois depuis une dizaine d'années. Meubles à façon, réparations. Un dialogue permanent avec les clients, un gros carnet d'adresses mais peu de perspective ; j'ai le sentiment que la routine me ronge lentement. Printemps 98, un encart dans Ouest-France. Une annonce de formation à la restauration des meubles anciens. Tiens ?

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« Restaurateur de mobilier d'art ? Attention, attention ! Ce métier qui peut faire rêver n'est pas à la portée de tous. La seule formation sanctionnée par un diplôme de niveau IV est dispensée au centre AFPA de Chartres. Mais si vous êtes vraiment motivé, tentez votre chance ; cela en vaut la peine. »

« Pour accéder à la formation, c'est la motivation qui compte avant tout. Le futur restaurateur de mobilier d'art doit avoir une bonne connaissance de ce métier, une expérience dans l'ébénisterie, la menuiserie en meubles ou en sièges, une bonne culture générale (niveau première), un projet dans la profession. »

« Le formateur s'appelle B..., il est restaurateur de mobilier d'art, meilleur ouvrier de France. Il enseigne à ses élèves toutes les finesses de sa technique, mais aussi l'histoire de l'art, la connaissance des matériaux... »

« La formation dure 14 mois. »

« Pour tout renseignement, s'adresser à l'AFPA, téléphone... » La secrétaire, charmante, me passe B... en personne. Je lui présente mon expérience en ébénisterie. Réaction brutale. « Ça n'ira pas du tout ! » Ben, qu'est-ce qu'il lui faut ? Un peu désarçonné par un accueil aussi cinglant, je rappelle tout de même quinze jours plus tard. L'accueil, toujours aussi viril, est plus conciliant. « Il faut venir nous voir. »

Rendez-vous sur place, à Chartres.

Le jour dit, je suis intimidé et un peu tremblant (d'allégresse). Les meubles alentour sont impressionnants. B... donne le sentiment de craindre une sorte d'espionnage industriel. « On ne parlera pas technique aujourd'hui ! » Il m'annonce spontanément qu'il a échoué en tant qu'artisan et n'est devenu formateur qu'à la suite à son échec. Il me confie qu'il pratique l'art des vernis depuis l'enfance. De mon côté, je lui soumets un copieux press-book et lui expose mon expérience professionnelle. J'essaie d'être totalement sincère : impression d'avoir fait le tour de mon activité, besoin de changer, envie d'en savoir plus sur le métier, nostalgie des études, ambition. Je lui explique, sur le ton de l'humour, « j'aimerais être comme aujourd'hui... en mieux ! »

B... me regarde avec une attention extrême. Il dit : « Ici on se dit tu ! Ici on fête les anniversaires ! » Je suis séduit par ces appels à la convivialité, bien qu'ils soient exprimés d'une façon curieusement péremptoire. Selon B... les jeunes ouvriers sont moins matinaux que leurs aînés. « C'est une question de génération. » Il annonce : « Ici on finit à minuit tous les soirs ! » À quoi je réponds, enthousiaste, ça me fait pas peur ! Puis B... précise qu'il termine ses journées à quatre heures et demie. Et il me demande avec insistance si j'y vois un inconvénient. Interloqué je réponds, ben non, pourquoi ? Nouvelles invitations à « venir nous voir. » Il semble apprécier qu'on se satellise longtemps à l'avance sur son stage. Par bonheur, il me donne des assurances officieuses sur mes chances d'être pris. Plusieurs échanges téléphoniques s'ensuivent : « Pour toi, pas de problème. »

Je suis heureux et demande confirmation écrite afin d'organiser la cessation de mon activité actuelle. B... réagit brutalement : « Il ne suffit pas de savoir rédiger ! » ( ?). Puis il semble prêt à faire volte-face au sujet de ma candidature. Pour la première fois, il parle de confiance. « Fais-moi confiance ! » Le futur leitmotiv est prononcé sur un ton de menace.

Précédent      À suivre...

Crypto
-rédacteur