Salut Gregory,
Je ne te connais pas. Je ne connais pas le niveau d'études que tu as atteins. Je ne sais pas où tu vis sur cette foutue Planète. En quatre mots plus une lettre : J'ignore tout de toi. Mais je me permets de te tutoyer et que je suis vraiment désolé de te dire ça :
Tu étais complètement dans les patates quand tu as écris ça :
« En fait l'esperience montre que 75% des américains, et 85% des allemands passent la barre de 250 Volts. »
Qui plus est, tu y étais toujours et la récolte était loin d'être faite quand tu as rajouté ça :
« Cette experience a été faite avec la personne qui est cencée avoir tué Kennedy, l'homme a été jusqu'au bout et aurait tué le patient sur un chaise électrique. »
Je ne sais pas où tu as pris tes chiffres ni d'où tu sors cette histoire d'allemand. Mais ce que tu dis est complètement et entièrement archi-faux. En voici la preuve sous la forme d'un petit copier/coller :
65% des sujets ont été au bout de l'expérience, "administrant" 450 volts à "l'élève". Stanley Milgram a qualifié à l'époque ces résultats "d'inattendus et inquiétants". L'expérience a été reproduite dans de nombreux pays avec des résultats analogues. Hommes et femmes se comportent de manière similaire.
Que j'ai pris sur ce site :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Exp%C3%A9rience_de_Milgram#R.C3.A9sultats
Si tu vas sur ce site, tu apprendras que le nom du présumé assassin est Lee Harvey Oswald et qu'il n'est fait mention nulle part sur ce site que ce type ait été mêlé, de près ou de loin, aux expériences de Stanley Milgram.
Si tu écris « cencée » c'est, sans aucun doute, parce que comme tous ceux qui se sont intéressés à cet assassinat, tu as entendu parler de la théorie du complot, de la conspiration et que ce n'est pas Oswald qui a tué Kennedy.
Ça, je pense que personne ne le sauras jamais. Mais quand on lit des biographies « non-officielles » qu'on apprend que son père était devenu millionnaire en faisant le trafic d'alcool pendant La Prohibition et avait toujours des liens avec la pègre ; que sa campagne électorale aurait été financé avec de l'argent « sale » et qu'il aurait refusé de renvoyer l'ascenseur, on se dit que tout est possible.
Ce que tu dis dans le deuxième copier/coller n'est pas arrivé dans la « vrai » vie. C'est une scène du film : « I comme Icare » avec Yves Montand, sorti en 1979 et qui avait créé une certaine polémique à l'époque.
Ce film fait partie de ma vidéothèque et entre dans la catégorie : « Film que j'aime regarder plusieurs fois ». Malheureusement, je n'arrive plus à mettre la main sur la cassette. Mais, c'est pas grave ; je me souviens de la séquence où le Procureur Henry Volney (Yves Montand) apprend que Daslow (anagramme de Oswald) a participé aux expériences du Prof. David Naggara (qui pourrait être Stanley Milgram).
Volney se rend à l'Université de Layé pour rencontrer Naggara. Celui-ci l'accueille à l'entrée de l'Université et ; en se dirigeant vers une pièce où il y a une grande fenêtre qui se trouve être un miroir sans tain, lui fait le même baratin qu'il sert à ceux qui se présentent pour participer à ses expériences.
Les deux hommes s'assoient et assistent aux préparatifs de l'expérience. Sur la console de commande du « moniteur », il n'y a pas de chiffres mais des mots comme : choc léger, choc désagréable, choc très désagréable, choc extrêmement désagréable, choc douloureux, choc très douloureux, choc extrêmement douloureux, choc violent, choc très violent, choc extrêmement violent, choc mortel, choc très mortel… non, c'est une blague ; mais, si mes souvenirs sont bons, c'est à-peu-près quelque chose comme ça.
Naggara regarde Volney qui regarde l'expérience jusqu'au moment où Volney lui dit d'un air outré à-peu-près ceci :
--Croyez-vous réellement que ce genre d'expérience puisse améliorer les capacités d'apprentissage ?
C'est à ce moment que Naggara le met au courant et l'amène visionné la cassette où on voit Daslow qui, évidemment, se rend à choc mortel. Naggara remet à Volney tous les documents et les résultats de ses expériences. Celui-ci les consulte surpris et dégouté de voir le pourcentage de sujets qui se rend à choc mortel. C'est à ce moment que Naggara lui dit à-peu-près ceci :
--Mais vous, Monsieur le Procureur, vous vous êtes rendu à choc très douloureux avant de protester.
--GLOUP…
Lorsque je regarde un film, je le regarde jusqu'à la fin du générique. Quand j'ai lu que toutes les séquences « expérience » étaient une reconstitution des expériences de Stanley Milgram, qu'il avait écrit un livre traduit sous le titre de : « Soumission à l'Autorité » ; je me suis dis que je devais lire ce livre. Je suis allé à la bibliothèque, je l'ai emprunté, je l'ai lu et je peux t'assurer que Lee Harvey Oswald n'a jamais été un sujet d'expérimentation de Stanley Milgram. Si cela avait été le cas, il l'aurait certainement mentionné dans son livre. Qu'en penses-tu ?
Au procès de Nuremberg, ceux qui prenaient comme défense : « Je n'ai fait qu'obéir aux ordres » ; ce qu'ils disaient réellement c'était : « Je n'ai aucune espèce de responsabilité dans toutes ces horreurs ». Et ils avaient raison. Toute la responsabilité incombait à l'Autorité Supérieure à laquelle ils s'étaient soumis. Stanley Milgram l'a prouvé avec ses expériences.
L'Allemagne NAZI était un État policier et avait déclenché la deuxième guerre mondiale. Je suis à des années-lumière d'imaginer, je suis incapable de concevoir tout ce que cela implique le fait de vivre dans un État policier qui a déclenché une guerre mondiale. C'est extrêmement facile pour moi, en 2005, de dire ou d'écrire : « Si j'avais été à sa place, jamais je n'aurai obéi à ces ordres. » Je ne peux même pas être testé pour savoir si j'aurai obéi ou non ; car maintenant, je sais tout sur les expériences de Milgram.
Si l'expérience était reproduite aujourd'hui et que je devienne un sujet de cette expérience sans détenir ces informations ; serai-je dans les 10 à 15% de la population rebelle à toute forme de pression psychologique ? Serai-je dans le groupe de ceux qui font GLOUP ? Ou bien dans celui qui se rend à choc mortel ?
J'aime à penser que je serais dans le groupe des 10 à 15% rebelle à toute forme de pression psychologique. Tout le monde aime à penser qu'il serait dans ce groupe. Mais qui peut réellement répondre honnêtement à ces questions ? Il y aura toujours un doute. Il y a toujours un doute.
Et toi ? Le peux-tu ?
NOTE
La nature des questions n'a aucune espèce d'importance. Ce n'était même pas des questions. Le moniteur, le véritable sujet de l'expérience, recevait une liste de mots associés dans le style : nuage-blanc, cheval-noir, jour-nuit, soleil-lune et ainsi de suite. Ensuite, il lisait à l'élève la liste. Finalement, il disait « nuage » et l'élève devait dire « blanc » ; le moniteur continuait avec « cheval » et l'élève devait dire « noir » etc. ... etc. ... etc. ... Dans l'expérience, on parle de moniteur et d'élève et le seul rapport d'autorité qu'il y avait entre les deux était justement celui-là.
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