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Harcèlement: « J'y croyais pas ! »
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« J'y croyais pas ! »

vendredi 23 juillet 2004,  par Crypto


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Aude [1] a suivi le stage de l'École de Chartres en 1996/97, deux ans avant moi et cinq ans avant Sandrine. Laure disait en 99 « Ç'a été mon année la pire ! » Aude se souvient que pour elle aussi, « Ça s'est très mal passé ! »

« CRYPTO. - Je cherche à joindre une [Aude] qui aurait fait le stage de Chartres.
AUDE, [grave]. - Oui c'est moi.
-  J'ai fait ce stage en 99 et j'aurais souhaité échanger à ce sujet.
-  [Rires] Ben dites-moi toujours.
-  Pour moi et pour beaucoup d'entre nous, ça s'est mal passé.
-  Oui, je sais, oui !
-  Vous savez ?...
-  Ben nous ça s'est TRÈS mal passé !
-  C'était en quelle année vous ?
-  Ça devait être 96/97. Nous ç'a été une des années les pires, donc, euh ?
-  Vraiment ?
-  Oui, je crois ! On a atteint un sacré sommet ! Ça allait un peu mieux après on m'a dit.
-  Je peux vous dire qu'en 98/99 c'était pas terrible.
-  C'est pas vous qui avez fait un truc sur Internet ?
-  Si, c'est moi.
-  J'en ai entendu parler par Loïc je crois, quelqu'un qui travaille chez Jamet [2], et puis Jean-Philippe aussi.
-  Ça s'est mal passé pourquoi ?
-  Enfin bon ? moi, tout le monde sait ce que je pense, hein. Je suis une des bêtes noires de Berthier, donc ? Je peux vous dire qu'il en a vu des vertes et des pas mûres avec nous, donc ? Moi il me déteste profondément parce bon. Enfin pour moi c'est un [ ?], voilà. C'est un [ ?], c'est quelqu'un qui est [ ?] et qui passe ses [...] sur les autres, enfin voilà.
-  Est-ce que le mot « pervers » vous semble approprié ?
-  [Rires] Pfff ! Largement ! Largement ! Complètement ! Nous, vous savez, c'est allé très loin. On a dénoncé... » [ ?]

 

« On a fait une lettre ! »


« AUDE. - Ah ben c'est allé très loin ! Nous on a dénoncé tout ça auprès de sa direction. C'est allé très loin ! On a fait une lettre !
-  C'est donc vous qui avez fait la fameuse lettre ?
-  Une grande lettre où on expliquait tout ça. On expliquait le harcèlement moral et tout. C'est allé très loin.
-  Vous l'avez adressée à qui ?
-  À sa direction, au grand ? au directeur général de l'AFPA de Chartres.
-  À Chartres seulement ?
-  Oui. Ils ont étouffé l'affaire. Parce que nous on aurait aimé que ça aille plus haut mais ils ont étouffé l'affaire. Parce que ça les intéresse pas, il rapporte du fric Berthier.
-  Je ne sais pas s'il rapporte du fric ? En attendant il fait pas mal de dégâts.
-  Ah oui mais ça ils en ont rien à foutre ! On expliquait en détails ! Et on a fait très attention à ce que ça soit pas, comment dire... de la simple rumeur. On donnait des faits ! C'était un courrier très construit. Je sais plus combien de pages. Quatre ou cinq pages. Et on a prouvé des choses ! Et, je veux dire... Il a eu un blâme. C'est tout !
-  [Rires] Et au bout de dix blâmes il a un avertissement, c'est ça !
-  C'est à peu près ça. C'est à peu près ça... »

 

« On a mis en garde tout le monde »


« CRYPTO. - Vous n'avez pas cherché à aller plus loin ?
AUDE. - Pfff... non. D'abord parce qu'on avait autre chose à foutre. Moi je vais pas m'esquinter la vie pour ce mec. Ce qu'on a fait, on a fait cette lettre. On a attendu que la nouvelle génération arrive l'année d'après. On a mis en garde tout le monde ! Absolument tout le monde !
-  De quelle façon ?
-  Ah ben on est allés les voir ! Dès le premier jour ! On leur a expliqué ce qui allait se passer. Je sais que du coup ça a eu un impact parce que dés le départ ils ont fait gaffe. Ils ont pas vu Berthier comme un ange. Ça a un peu aidé pour qu'ils fassent un peu bloc contre Berthier et Berthier n'a pas fait l'année comme avec nous. Ça a été à peu près. Il a pas pu faire ce qu'il avait fait avec nous. Et puis ça dépend des années, ça dépend des groupes, hein, c'est ça aussi. Il est très fort par rapport à ça ! Parce que, comme il sait très bien diviser les gens. Selon si le groupe a des éléments forts ou pas, il va réussir à manipuler les gens ou pas. Nous, notre année était particulièrement catastrophique, donc ?
-  Est-ce que c'est au cours de votre année qu'il y a eu un suicide ?
-  Non, c'est l'année juste avant. Mais par contre vous obtiendrez rien de cette année-là parce qu'ils ont fait complètement bloc avec Berthier. Ils adorent Berthier, ils le soutiennent à fond. C'est à partir de cette année-là qu'il y a eu l'AREC [3] et patati et patata. Je sais que c'était la fille d'un cinéaste connu. Bon, en même temps, jamais on pourra prouver que c'est à cause de Berthier qu'elle s'est suicidée. Au départ c'est quelqu'un qui était fragile. Il est ÉVIDENT que si elle était pas allée chez Berthier elle se serait peut-être pas suicidée, hein ?
-  Comme vous dîtes, Berthier divise pour mieux régner, il se sert des autres ?
-  Complètement ! Mais ça, vous pourrez jamais le prouver. Jamais vous obtiendrez un témoignage de cette année-là. Moi je pense que ? il part bientôt à la retraite ?
-  Il en a pour trois quatre ans encore.
-  Ah bon, je croyais que c'était plus tôt que ça.
-  Est-ce que vous êtes prête à faire quelque chose ?
-  Ça dépend quoi. Ça dépend quoi ? Euh ? ce monsieur il m'a détruite en partie. Parce que j'ai fait une très grosse dépression après. Euh ? On est assez nombreux à avoir fait une grosse dépression après ? Euh ? ça dépend quoi. Moi je veux que ça soit construit. Je ne veux plus perdre de temps à cause de ce monsieur. Il faut voir. Il faut vraiment voir comment on peut agir. Je sais que l'année après nous il y a une jeune fille qui a beaucoup souffert. Beaucoup ? Mais je me souviens plus son nom. Elle est repartie à Toulouse je crois. J'en ai tellement bavé ? Vous savez, c'est un fonctionnaire, hein ? On peut pas faire grand-chose.
-  Vous savez, les gens ont aussi le pouvoir qu'on veut bien leur accorder. »

 

« Il me détruisait à petit feu »


« AUDE. - Vous avez entendu parler d'Angie, je pense ?
CRYPTO. - La fameuse Angie Barth, oui.
-  Voilà. C'était son modèle, son icône et tout ce que vous voulez. Quand je suis arrivée, il a voulu faire pareil avec moi. Il se trouve que je suis grande, blonde et que j'ai fait des études supérieures, etc. Et au début j'étais son icône et tout. C'était le grand truc. Il se trouve que manque de bol il est tombé sur un os, parce que je suis quelqu'un de particulièrement rebelle et donc au bout de ? je dirais quelques semaines, il a commencé à dévoiler ce qu'il était vraiment et il commencé à être très injuste, à humilier les gens et tout. Moi j'étais toujours son modèle et puis j'ai pris fait et cause pour les gens qu'il humiliait. C'est-à-dire que je réagissais. Je disais « Ben attendez, pourquoi vous faites ça et tout ». Après j'ai été, je peux dire, le souffre-douleur de toute l'année. C'est-à-dire que j'ai eu tout le monde contre moi. Treize personnes contre moi en permanence. Il a réussi ? Au début, euh ? j'étais idolâtrée de tout le monde, et après, euh ? c'était vraiment ? j'étais la bête noire, quoi. Et là il m'a fallu... je dirais six mois pour relever la tête. Pendant six mois je pleurais en permanence. Il me détruisait à petit feu. Et puis il se trouve que mon compagnon, je l'ai rencontré là-bas. Et lui m'a beaucoup, beaucoup aidé. Il m'a MONTRÉ qui était Berthier, parce que moi je comprenais pas.
-  Oui, on ne comprend pas sur le coup.
-  Quand on est normalement constitué, on comprend pas pourquoi quand on vous dit non ça veut dire oui, voilà. J'y croyais pas ! J'y croyais pas ! J'y croyais pas ! Je croyais pas qu'on pouvait être méchant à ce point-là quoi. Et donc, au bout de six mois j'ai compris. J'ai vraiment réussi à me mettre ça dans le crâne et j'ai réagi. Et là, par contre, j'ai eu beaucoup plus de défense parce qu'il arrivait plus du tout à m'atteindre. Il m'a fallu six mois. Et après ? J'ai fait une dépression un an après. De toute façon il est très fort ! Parce qu'en fait ? moi j'ai vu ça comme ça ? Il arrive à vous faire perdre tous vos repères.
-  Parfaitement.
-  C'est ça qui est très fort ! Après vous croyez plus en l'être humain. Vous vous demandez si tous les êtres humains sont comme lui. »

 

« C'était le fonctionnement d'une secte »


« CRYPTO. - Il vous plonge dans la confusion.
AUDE. - Complètement ! Complètement ! Il est très fort ! Nous, ce qu'il y avait en plus, qu'il n'y a pas eu les autres années, je crois, c'est que nous on était épuisés ! Il nous faisait travailler comme des dingues ! Comme des dingues ! Et on n'a pas pu ? Vous les autres années vous avez été mélangés avec les tapissiers je crois ?
-  Oui.
-  Nous on était seuls ! Dans un local à l'extérieur ! On sortait plus parce qu'il voulait même qu'on bosse le week-end. Tout de suite j'ai expliqué que c'était le fonctionnement d'une secte. Et c'était complètement ça ! On avait le sentiment d'être tout le temps en état de guerre. Les collabos, les résistants, c'était ça, complètement. On était isolés et coupés du monde.
-  C'est aussi ce qu'on a vécu.
-  Il est très fort de toute façon ! On pourrait en parler des heures !
-  Il a une caractéristique, celle de se poser toujours en victime.
-  Oui ! Complètement ! Bien sûr ! Nous ça a été la totale, parce que sa femme avait un cancer. Et alors là ! On y a eu droit ! C'était merveilleux. Il jouait complètement avec ça. Ça a été délirant la façon dont il parlait du cancer à sa femme ! C'était effrayant ! Il s'est SERVI du cancer de sa femme. Ç'en était pathétique.
-  Dans notre stage, il y eu quelqu'un qui a perdu sa mère, il s'en est servi aussi. Il exploite toujours sur cette fibre affective.
-  Oui, oui, oui. C'est vrai. On a très bien compris. C'est-à-dire qu'il se pose en bon père et tout, donc tout le monde se confie et puis après il se sert complètement de nos faiblesses. Il les détecte tout de suite.
-  Oui, il a une espèce de sixième sens.
-  Il est très fort ! Il met toute son énergie, toute son intelligence là-dedans. Et après, TOUT est retourné contre nous. Il se sert des faiblesses de chacun. Non mais ça ? Il est très, très fort !

 

« Les gens sont minables »


« CRYPTO. - Vous avez gardé le contact avec vos collègues ?
AUDE. - Pas du tout ! Il a réussi à nous faire détester les uns les autres. Je veux plus entendre parler des gens de l'AFPA ! L'AREC je veux pas en entendre parler. Les gens qui étaient avec nous cette année-là, on veut pas en entendre parler. Ah non, non, non, oh là !
-  Oui mais en même temps c'est une façon de laisser les choses exister.
-  Oui je sais. Je sais bien. J'ai beaucoup réfléchi. On a fait cette lettre, donc on s'est quand même battus. Et c'est sûr qu'en même temps moi je me suis dit « j'ai autre chose à foutre ». Ça va bien de se battre pour les autres. Parce qu'on s'est pas seulement battus pour nous-mêmes, on s'est battus pour les autres. On est allés le dénoncer auprès des gens et tout, c'était pour les autres, c'est pas pour nous. Et c'est vrai qu'on a réussi à mettre en garde à peu près deux générations. Et bon, on n'a pas pu voir tout le monde ? Et en plus, moi je continue, dans le sens où dès que qu'on me parle du stage de l'AFPA, j'hésite pas dire ce qui s'y passe, je mets en garde les gens, on continue de ce côté-là. J'ai beaucoup réfléchi. J'ai eu sept ans pour réfléchir. Est-ce que les autres se seraient battus pour moi ? Moi, à l'AFPA, j'ai vu à quel point les gens sont minables Nous, dans notre groupe, on était quinze. On était face à douze personnes totalement égoïstes et qui travaillaient que pour leur pomme. Tout ce qu'ils ont voulu faire, c'était tirer parti de la situation. En fait, leur but c'était être bien avec le chef parce que ça leur rapportait. Je sais qu'au FOND d'eux ils savaient que j'avais raison. Au fond d'eux ils étaient pour moi. Je me suis beaucoup battue pour certaines personnes et j'en suis beaucoup revenu. Moi, ce que je sais, c'est que s'il y avait une procédure devant un tribunal, c'est SÛR, je témoignerai ! De là à dépenser mon énergie pour commencer à lancer la procédure contre lui, non, j'ai vraiment autre chose à foutre.
-  Vous me dîtes que c'est à moi de la lancer par exemple ?
-  Peut-être ? peut-être. Moi je n'ai pas l'énergie pour ça. C'est déjà beaucoup ! C'est déjà ÉNORME d'accepter de témoigner. Quatre-vingt pour cent ne vont pas vouloir le faire.
-  Je le sais.
-  Moi je suis déjà prête à ça. Mon énergie passe plutôt à me construire, c'est très égoïste, je le sais et j'étais pas comme ça avant. Je suis très lucide. Nous on a quand même été loin, on a témoigné auprès de la direction. Mais voilà, c'est quand même la réalité des choses, pourquoi me battre pour des gens qu'en n'ont rien à foutre et qui se seraient jamais battus pour moi ? C'est ça aussi le problème ? Honnêtement, quand je vois les gens qui étaient avec moi dans le groupe ? Il nous reste une amie qu'on continue à voir. Il y a un autre mec qui avait signé avec nous. Mais voilà. Les treize ou douze autres personnes c'était VRAIMENT, mais vraiment des beaufs ! qui avaient rien dans le crâne et qu'étaient des sales cons, excusez-moi de dire ça. Je vais pas me battre pour eux, quoi ! Ils ont tous fait une dépression et tant mieux pour eux, quoi ! Honnêtement ! C'était des beaufs qu'en avaient rien à foutre, qui, dés qu'on avait le malheur de dire un mot un peu cultivé, étaient pliés de rire sous la table ! Non mais c'est vrai ! Donc je vois pas pourquoi je me battrais pour ces gens-là. Je vois pas. Et je suis sûre que chaque année ? Mon ami a embauché un garçon qui a fait l'AFPA l'année dernière. Il est très gentil et tout ça, mais il a suivi le troupeau et il a tiré la couverture à lui comme tous les autres et je suis persuadée que demain s'il fallait qu'il se battre pour moi il le ferait pas. Mon ami et moi on a été héros face à Berthier mais j'en ai plus rien à foutre. Quand je le vois, je lui dis pas bonjour, j'en suis ravie. Je le regarde droit dans les yeux, j'en suis ravie. Quand je peux le casser, je le fais. C'est déjà pas mal ! Voilà, je veux dire, j'ai pas d'énergie à perdre pour Berthier, alors ? c'est déjà pas mal que j'accepte de témoigner. C'est vrai que je vais pas passer mes soirées à monter une association anti-Berthier.
-  Il n'est pas question de ça. On peut préserver l'anonymat de chacun.
-  Ben, euh, je suis pas non plus d'accord. C'est un peu ça qui me dérange. Moi si je témoigne, je signe. C'est simple. Moi si je m'engage, je m'engage jusqu'au bout ! Ce qui en plus est hurlant de rire, c'est qu'on barre les noms, mais tout le monde sait qui c'est. C'est encore plus hypocrite.
-  Non, vous vous protégez, c'est tout.
-  On se protège pas, puisque tout le monde sait qui c'est.
-  Tout le monde ?
-  Tout le monde dans le milieu de la restauration sait ce que je pense de Berthier ! Avec Michel Jamet, on en a parlé pendant des heures et des heures.
-  Il en pense quoi Michel Jamet ?
-  Ah ben il pense comme nous ! Sauf que c'est pareil, Michel il a une position telle qu'il peut pas non plus ? Bon, c'est un choix qu'il a fait. Lui il estime qu'il continue à y aller justement pour ça. C'est-à-dire qu'il estime que le fait d'y aller, il amène le peu de positif qu'il y a dans ce stage.
-  De notre année il est venu une seule fois, il était bien gentil, il ne s'est pas spécialement engagé. »

 

« Beaucoup trop cher payé ! »


« AUDE. - Si vous appelez Michel il vous dira pas tout va bien, je pense pas. On en a beaucoup parlé. Je lui ai dit « Mais pourquoi vous prenez pas plus position ? ». Il m'a dit que c'était pas son problème. Mich... Monsieur Jamet, il a le cul entre deux chaises. C'est-à-dire qu'il a une position extrêmement forte dans le milieu de la restauration. C'est quand même LA référence. Il est prof à... Il a presque un droit de réserve.
CRYPTO. - Il a aussi le droit de réagir.
-  Ça jamais il le fera. C'est pas son ? C'est pas le personnage pour ça. Il estime lui ? il estime que le fait d'y aller ? par exemple moi il m'a repérée. C'est lui qui m'a absolument poussé à faire l'IFROA [4]. Il estime que c'est comme ça qu'il soutient les gens. Voilà. C'est son point de vue.
-  C'est pas terrible.
-  Ah ben ouais. Mais vous pouvez pas demander à la terre entière de s'engager. Tout le monde a pas la personnalité pour ça.
-  Bien sûr. Mais Michel Jamet a une position importante, que vous me décrivez d'ailleurs. Il est prof à l'IFROA ?
-  Oui, il est directeur de la section mobilier à l'IFROA, enfin... responsable. Mais imaginez que dans chaque milieu où il évolue, parce qu'il est suffisamment diplomate pour évoluer dans tous les milieux même s'ils sont complètement opposés, on lui tiendra ce même discours « Pourquoi tu prends pas position pour nous ». Justement, c'est la force de Michel et ce qui fait qu'il est unique dans son genre, c'est qu'il a le rôle de tampon, c'est qu'il peut aussi bien être chez les conservateurs qui sont très opposés avec les artisans. Et il est dans les deux milieux, il est aimé dans les deux milieux. On a AUSSI besoin de gens comme ça.
-  Rappelons qu'on parle de choses graves. Le harcèlement moral c'est mal.
-  Oui, mais lui il vous répondra qu'il y est pas.
-  Non mais il est au courant.
-  Il est au courant de témoignages qu'on a fait. Vous savez pertinemment qu'on peut faire des faux témoignages ? Il peut pas, euh ? parce qu'il a une copine qui lui a dit ça, euh ? dire ben ?
-  Cela dit je ne veux pas mettre en cause Michel Jamet parce que je n'ai pas encore discuté avec lui.
-  Oui, oui, on ne le met pas en cause. Mais je veux dire c'est pas non plus son rôle, son cheval de bataille, quoi. Il a pas fait l'AFPA, je veux dire.
-  Je vous ai remuée aujourd'hui ?
-  Non, non, holà là, pas du tout, moi j'ai fait un énorme travail, ça me fait plus rien. Ah non, non ! Je veux dire, il y encore ? Je dirais il y a encore deux ans, trois ans, je pouvais pas en parler sans me mettre à pleurer. Moi c'est vraiment fini, fini ! Je veux pas non plus faire du reportage. Je veux pas non plus montrer à quel point il m'a atteint. Je veux dire ?ça lui ferait tellement plaisir ! Tellement plaisir ?
-  C'est un peu jouer son jeu.
-  Attendez, moi aussi, hein, je le dis tout le temps ! Tout le temps, tout le temps. Je dis tout le temps comment il m'a détruite, tout le processus ?
-  Hier j'étais au bout du fil avec une jeune fille de vingt deux ans [Sandrine] qui a craqué au bout d'un mois et demi. Elle m'a dit « je vais vous envoyer mon témoignage ».
-  Ah ben oui. Moi j'aurais peut-être fait ça aussi aussitôt après. Mais c'est vrai que maintenant ?
-  Maintenant vous avez pris du recul, vous avez une compréhension qui est d'autant plus pertinente, peut-être.
-  Oui, c'est vrai ! C'est sûr ! J'ai TRES TRES bien analysé le fonctionnement du personnage. Et puis je vous dis, j'ai vraiment vu de près ce qu'était l'humanité en allant à l'AFPA et franchement...
-  L'AFPA c'est un microcosme.
-  J'étais immature, ça m'a fait grandir d'un coup. J'ai pas envie de me battre pour des blaireaux !
-  Moi je ne sais pas si ça m'a fait grandir. Ça m'a rendu un petit peu plus cynique, c'est tout.
-  Ah, complètement ! Ah mais moi je le dis tout le temps, il y a un mal pour un bien ! Moi vous savez, Angie Barth elle m'a dit un jour ? Parce que Angie elle en est revenue, hein, elle a fait beaucoup de chemin aussi. Angie un jour, au bout de quatre ans, on était quand même très opposées, c'était très dur à l'IFROA, elle me dit on va boire un pot tout ça. Au bout de la première année, elle m'a dit : « Euh [Aude], tu craches dans la soupe, c'est quand même grâce à lui que tu es ici, que t'as réussi le concours. » Je lui ai répondu : « Attends Angie, tu mélanges tout, je n'ai jamais remis en cause ce que j'ai appris (parce que malgré tout il m'a quand même appris des choses), je lui ai dit : « Le prix a été beaucoup trop cher payé. » Voilà ce que je reproche. Ce que je reproche, c'est ça, c'est pas l'enseignement, « T'as rien compris à ce niveau-là » je lui dis. Je ne remets pas en cause ses connaissances, je remets en cause le fait que c'est beaucoup, beaucoup trop cher payé ! Beaucoup trop cher payé... Au bout de quatre ans elle a quand même vachement évolué. Elle m'a dit : « Bon ben, tu sais, j'en reviens, voilà. » Elle m'a fait comprendre que c'était plus son dieu, quoi, c'est clair. Voilà.
-  Parce que ç'a été son dieu ?
-  Ah oui ! C'était plus que ça ! Mais voilà, moi j'estime que c'est trop cher payé. Voilà, c'est beaucoup, beaucoup, beaucoup trop cher payé. C'est ça, le truc il est là.
-  Vous semblez dans une logique de protection du coupable.
-  Je suis pas tout à fait dans cette logique, parce que j'accepte de témoigner. C'est déjà énorme. Je ne suis pas complètement dans cette logique.
-  Vous acceptez de m'envoyer votre témoignage ?
-  Quand, euh... si... si il y a un truc en justice, je témoignerai !
-  Ça fait beaucoup pour un seul jour peut-être ?
-  Non, non. Mais ça me gave, je veux pas me remettre là-dedans. Je trouve que c'est déjà très bien si je peux témoigner s'il y a une action en justice. Mais j'ai pas envie de...
-  Je vous envoie l'adresse du site. Je vous laisse digérer tout ça.
-  Ah non, oh là là, c'est tout digéré, ça ne m'atteint plus du tout, ça c'est vrai ! Je sais très bien ce que je ressens par rapport à ça, ce que je ressens par rapport à ça et ? euh, ça fait quand même maintenant six ans, hein. Ç'aurait été sur le coup, c'était pas pareil ? On verra. On verra. Moi je veux dire, euh ? si je devais faire quelque chose, ça serait CONTRE Berthier, ça serait pas pour les autres. Avant c'était pour ça, c'était pour les autres.
-  Ce n'est ni contre Berthier, ni pour les autres, c'est contre le harcèlement moral en général.
-  Oui, oui, moi j'ai lu beaucoup de choses là-dessus, ça m'intéresse beaucoup. Je sais bien ce que c'est. Bon ben voilà, bon dimanche.
-  À vous aussi, au revoir. »


[1] Le prénom a été modifié pour préserver l'anonymat de notre témoin.

[2] Restaurateur parisien proche de Claude Berthier.

[3] Association des Restaurateurs de l'Ecole de Chartres.

[4] Institut de Formation à la Restauration des Oeuvres d'Art



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-> « J'y croyais pas ! »
(1/2) 22 septembre 2006

-> « J'y croyais pas ! »
(2/2) 13 octobre 2005


FORUM

> « J'y croyais pas ! »
22 septembre 2006 début du forum
Bonjour Crypto, Pouvez-vous, SVP, appeler la soi-disant Aude ? Merci, elle attend votre coup de fil.

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> « J'y croyais pas ! »
13 octobre 2005 début du forum
AFPA C'est une secte. elle vous promet monts et merveilles, mais au final, c'est que des paroles, mais pas de réels moyens d'embauche.

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  • > « J'y croyais pas ! »
    27 octobre 2005

    JE SUIS DAC AVEC TOI

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Crypto
-rédacteur