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Harcèlement: « Il y a eu un viol »
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« Il y a eu un viol »

samedi 3 juillet 2004,  par Crypto


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Septembre 2002. L'année se termine cahin-caha pour les restaurateurs de mobilier d'art au centre AFPA de Chartres. Louis vient de découvrir le récit de Crypto sur Internet. Il laisse un message explicite sur le forum, puis fait une copie intégrale du témoignage qu'il posera en évidence sur le bureau de tous ses co-stagiaires.

Michel se dirige à son tour vers la salle des ordinateurs. Il s'apprête simplement à mettre à jour son CV, quand les deux collègues formateurs de Claude Berthier, lui tombent dessus. Ils vont lui faire une révélation fracassante...

Extrait d'un dialogue avec Michel.

Michel : « J'étais passé discrètement parce que j'avais pas envie de le voir [Claude Berthier]. J'étais parti sans lui dire au revoir lors de la remise des diplômes, parce qu'il avait dit à Sébastien que le restaurateur que j'avais contacté voulait bien de moi et lui, Claude [Berthier], proposait le même stage à Sébastien. Donc j'étais en colère. Je voulais l'éviter. Et bon, comme c'était l'après-midi, il était pas là comme d'habitude. Jean-Pierre [collègue formateur de Claude Berthier] m'a vu entrer dans la salle des ordinateurs et puis tout de suite, je pense, il est parti chercher Denis [collègue formateur de Claude Berthier]. Et tous les deux sont arrivés à toute vitesse.

Crypto : Il allait chercher du renfort !

-   [rires] Ouais. Ils sont entrés dans la salle et puis ils regardaient ce que je faisais. J'ai dit « Je fais mon CV ». Ils m'ont dit : « Oui alors, Michel, est-ce que t'as quelque chose à dire ! » Apparemment ils étaient au courant que j'avais envoyé une lettre aux deux personnes qui étaient susceptibles de me prendre, disant faites attention, Claude Berthier dit pas toujours la vérité, je ne comprends pas pourquoi vous m'avez refusé alors que… tout semblait correct. J'avais fait une photocopie de mon diplôme. Si je suis si mauvais, je sais pas si c'est ce que Claude vous a dit, pourquoi ai-je eu mon diplôme ? Enfin bon…
-   Ils vous ont répondu ?
-   Non. Aucun.
-   Ce n'est pas très élégant.
-   Oui, mais peut-être qu'ils voulaient pas entrer dans la polémique. Ils se sentaient peut-être coupables aussi. Peut-être qu'ils se disaient tiens on a été manipulés. Donc, euh… moi je voulais pas en parler avec eux et puis… ils [les collègues formateurs de Claude Berthier] ont dit : « Y'a un site Internet ! T'es au courant. » Moi j'ai dit : « Oui, oui. » C'est Jean-Pierre qui parlait. Denis disait pratiquement rien. « On sait qui il est. Et on sait que Louis a écrit quelque chose et de toute façon, si y'a un procès, y'a eu un viol et ça peut ressortir pour le procès ! »
-   Pas plus que ça ?
-   Non, pas plus que ça. Moi je me disais… je sais qu'ils voulaient m'intimider si jamais moi aussi je voulais rajouter quelque chose au site, pour me dire attention, cette personne est peut-être un violeur, donc il faut rien avoir… il faut pas avoir de contact avec elle.
-   Attention... ils vous ont laissé entendre que l'auteur du témoignage, en l'occurrence, moi, Crypto, était un violeur ?
-   Oui, oui.
-   On est d'accord ?
-   Oui.
-   Mais c'est gravissime, ça.
-   [rires] Ah ben je sais.
-   Est-ce qu'on accuse quelqu'un d'un crime ! Le viol c'est vingt ou trente ans de prison, non.
-   Ça je sais très bien, oui.
-   Ils n'ont pas été plus explicites que ça ?
-   Non. « Il y a eu un viol. »
-   Je voudrais bien savoir qui a violé qui ! Vous deviez être surpris par une révélation comme ça !
-   Non.
-   Non ?
-   Non parce que je me disais c'est dans le chemin de Claude Berthier, quoi.
-   En fait c'était une espèce de surenchère.
-   Oui. Je me disais, bon, faut pas attacher d'importance à ça.
-   On est en plein délire.
-   Une sorte d'effet de corporation, ils se défendent entre eux. D'ailleurs, Claude nous avait dit dés la première semaine : « N'essayez pas de mettre Denis contre moi en allant lui demander quelque chose qui est contraire à ce que je pense. On est toujours ensemble et on sera toujours ensemble. »

 

****************************


Michel m'a raconté une première fois, dans le détail, ce que lui avaient dit les formateurs entre deux écrans. N'en croyant pas mes oreilles, je lui ai demandé, à l'occasion d'un nouvel échange téléphonique, de me répéter les accusations extravagantes dont j'étais l'objet. Des mots qu'il m'a confirmés par écrit, tout en manifestant des réserves quant à une éventuelle publication.

A la réflexion, il nous a semblé nécessaire de dépasser les réserves et de faire état de cet épisode. Au moins pour deux raisons.

D'abord, parce qu'il donne une idée de l'ambiance confusionnelle et de « l'imaginaire » fantasmatique baignant le stage autour de la personnalité de son formateur. Ensuite, parce qu'il nous paraît illustrer un phénomène indissociable du processus de harcèlement : le renversement des rôles.

S'agissant de pédophilie ou de harcèlement moral, on remarque généralement que les proches du pervers forment autour de lui un rempart protecteur. Leur discours ne vise pas seulement à dénier les faits tout en chantant les louanges de leur protégé. Il va de paire avec le discrédit et le dénigrement des victimes.

Ici, le stagiaire Crypto serait décrit ni plus ni moins comme l'auteur d'un crime…

Notons que les personnages constituent l'entourage professionnel direct de Claude Berthier. Ils sont liés par un lien supplémentaire, celui des MOF (Meilleurs Ouvriers de France).

Deux aspects contradictoires dans le mode communicationnel qu'ils utilisent : la banalisation et la dramatisation simultanées. Banalisation par le côté « Tiens au fait tu sais pas tout, y faut que je te dise ». Dramatisation par une annonce coup de théâtre. Et déjà un paradoxe : comment une information aussi fulgurante pourrait-elle être aussi sous-employée de leur part ?

Quelle est l'intention ? Autant qu'on puisse l'analyser, ce serait de « faire peur » à Michel, le dissuader de toute velléité de témoigner à son tour, en discréditant ignominieusement au passage le stagiaire Crypto.

Pourquoi imaginent-ils un acte de cette nature ? Un viol. Et non, par exemple, une attaque à main armée, un incendie volontaire ou un vol de mobylette ?

L'irruption d'un tel évènement correspondrait finalement à une certaine logique (est-elle consciente ou inconsciente ?), si l'on considère que viol et harcèlement moral ont plus d'un caractère en commun. Dans les deux types d'affaires, on observe les mêmes conséquences psychologiques du côté des victimes (honte, culpabilité, syndrome post-traumatique), mais surtout les mêmes comportements paradoxaux du côté de l'entourage du coupable (protection farouche, déni des faits, renversement des rôles en sa faveur, etc.).

D'un certain point de vue, il existe encore une échelle d'acceptation, où le harcèlement moral serait appréhendé comme une agression moins grave qu'une agression sexuelle. Même si, dans les faits, on peut survivre au viol et mourir du harcèlement.

Les faits mentionnés dans le récit de Crypto évoquant le harcèlement moral, on charge son auteur de faits apparentés, mais réputés plus graves. La révélation d'un Crypto violeur, ne produit pas seulement une dramatisation terrible. En plus d'ajouter à la confusion ambiante, elle fonctionne aussi comme une surenchère. Surenchère qui s'inscrit parfaitement dans le phénomène de renversement des rôles, puisque soudain, l'improbable victime Crypto se voit transformée en odieux satyre.

Le viol est rien de moins qu'un crime passible des assises. Ne pas dénoncer un crime, c'est entraver la justice et se rendre complice du crime. En l'hypothèse, c'est bien ce qui se passe...

Le comble du paradoxe est atteint, si l'on considère qu'en protégeant leur collègue, y compris par des propos abracadabrants, les formateurs protègeraient, de fait, le stagiaire Crypto ! Car, si Crypto est réellement l'auteur d'un crime ( !), tel qu'il est suggéré, ils admettent par la même occasion laisser courir le criminel dans la nature. En révélant, par là même, leur aptitude à ne pas dénoncer des faits ignobles, ils attestent incidemment de leur état de confusion et de leur capacité de complaisance.

Et, quand on est capable de taire un crime, on est bien capable de dissimuler une broutille telle que le harcèlement moral… ou le vol de mobylette.



_________________________

-> « Il y a eu un viol »
(1/3) 31 août 2005, par misspl

-> « Il y a eu un viol »
(2/3) 22 août 2004, par Alain

-> « Il y a eu un viol »
(3/3) 14 juillet 2004, par l'avenir de la couche d'ozone


FORUM

> « Il y a eu un viol »
31 août 2005, par misspl début du forum
je n'ai qu'une chose a dire, c'est n'importe quoi, vous saloper tout leur travail

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  • > « Il y a eu un viol »
    4 septembre 2005, par Max H de Lyon

    Je suis tout à fait d'accord avec vous ! Les formateurs qui inventent des histoires aussi sordides salopent le travail des stagiaires et nuisent à la réputation de l'AFPA. Que fait leur direction ?

    Répondre

> « Il y a eu un viol »
22 août 2004, par Alain début du forum
Proférer des accusations pareilles, c'est vraiment incroyable ! Il y a une chose, à mon avis, qu'il faudrait souligner. C'est quand ils disent : « s'il y a un procès. » Tiens… Les faits de harcèlement seraient donc suffisamment probants à leurs yeux pour qu'ils envisagent une telle possibilité ? Sinon, pourquoi parler de procès ? Et pourquoi chercher à allumer cette espèce de contre feu délirant ? Il leur suffirait de hausser les épaules et de réagir rationnellement.

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> « Il y a eu un viol »
14 juillet 2004, par l'avenir de la couche d'ozone début du forum

à la lecture de toute cette histoire, je pense qu'il est évident qu'il y a eu un viol : le viol de l'intégrité humaine du stagiaire crypto...

après, on peut dire ce que l'on voudra, il y a ceux qui se taisent, ceux qui acceptent et pensent en ressortir "plus forts"...

... et ceux qui trouvent cela inadmissible et créent un forum sur internet, afin d'apporter de l'espoir et une proposition de solution aux futures victimes

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  • A violeur, violeur et demi
    31 juillet 2004, par crypto

    Cette histoire de viol nous a été signalée récemment par une autre personne.

    La propagation de fausses accusations, de fausses polémiques, est une des techniques de harcèlement.

    On notera que la technique serait donc toujours à l'œuvre, plusieurs années après le départ de Crypto et la fin du stage.

    Au sujet de mon témoignage sur la formation Restauration du Mobilier d'Art du centre AFPA de Chartres, M. Destival, l'un des grands patrons de l'AFPA, met en avant « l'antériorité des faits » et dit : « Il est donc regrettable que vous ayez attendu aussi longtemps pour nous en faire part. »

    Notons que M. Destival, « Peut-être un peu non-voyant » lui aussi, ne semble pas tenir compte des autres témoignages, qu'ils soient plus récents ou plus anciens.

    De son côté, Mme Devos, médiatrice de l'AFPA, affirme sans sourciller : « Moi je me range du point de vue de mon institution ! »

    Ceci étant, il reste encore quelques années à l'AFPA pour donner son « point de vue » sur cette histoire, sachant, sauf erreur, que la prescription pour un crime tel que le viol est de dix huit ans.

    Répondre

    • > A violeur, violeur et demi
      12 septembre 2004, par Goélette

      Bonjour, Crypto !

      Si je vous lis bien, vous avez été soupçonné de... viol ?

      Attendez, il y a matière à attaquer pour diffamation, là !

      JE sais bien qu'il faut s'attendre à un bon paquet d'absurdités de la part de l'AFPA mais de là à vous soupçonner de viol... Ils sont tous devenus fous, là-dedans ?

      Vous vous faites harceler pendant un an, vous en sortez moralement abîmé, et il faut en plus qu'on vous accuse vous ?

      J'espère avoir mal compris...

      Répondre

      • > A violeur, violeur et demi
        16 septembre 2004, par crypto

        Vous avez parfaitement lu. Vos yeux ne vous ont pas trahi.

        Ce qu'il y a de remarquable dans ce genre d'environnement, c'est qu'on est toujours en retard d'imagination. En un sens, il y aurait matière à émerveillement...

        Remarquez qu'apparemment Michel n'a pas paru plus estomaqué que cela à l'annonce d'une telle nouvelle. Preuve, sans doute, qu'en un an de stage il avait été rôdé, lui aussi, à un certain niveau de fantasmes et d'élucubrations.

        Il le dit lui-même : « je me disais c'est dans le chemin de Claude Berthier, quoi. [..] Faut pas attacher d'importance à ça. »

        Quant à l'AFPA, elle reste toujours rigoureusement muette.

        Matière à diffamation ? En tout cas, le procureur est informé et « C'est parti en enquête ».

        A suivre.

        Répondre

        • > Des preuves ?
          16 septembre 2004, par Goélette

          Si on vous accuse de viol, il faut au moins des éléments de preuve...

          Sinon c'est de la diffamation pure et simple !

          Répondre

          • > Des preuves ?
            17 septembre 2004, par crypto

            Croyez-vous qu'un pervers ait besoin de preuves pour être pris au sérieux ?

            Dites-vous en plus que cet épisode n'est qu'un « échantillon » de Chartres…

            N'importe quel être sensé qui découvre un crime se doit de courir au commissariat. Or, personne ne bouge. Les formateurs collègues de Claude Berthier distillent la soi-disant information entre deux écrans d'ordinateurs. Les stagiaires haussent les épaules. L'AFPA ne dit pas un mot. On est en pleine confusion, en pleine folie.

            Et Jean-Jacques Taureau, directeur de formation, déclare : « Nous n'avons pas de preuves de harcèlement. »

            Dans un monde idéal, les calomniateurs, les harceleurs et autres pervers seraient immédiatement dénoncés et sanctionnés. Mais il est loin d'en être ainsi dans la réalité.

            En fait, c'est le contraire qui se passe ! Les victimes sont traînées dans la boue tandis que leurs bourreaux bénéficient de la plus grande complaisance. Quand ils ne reçoivent pas des promotions.

            Phénomène de renversement des rôles, à la fois banal et abject.

            Répondre

            • > Et une victime ?
              25 septembre 2004, par Goélette

              Je serais bien curieuse de savoir si l'AFPA va désigner une victime de ce soi-disant viol...

              Y a-t-il eu une plainte vous concernant ? Dans ce cas, c'est de la dénonciation calomnieuse et ça peut faire très mal devant un juge, surtout avec un pareil dossier..

              Répondre

              • > Et une victime ?
                28 septembre 2004, par crypto

                Effectivement, il manque le principal : une victime. Faute de quoi, l'accusation ressemble fort à un crime sans cadavre. Et à une lugubre élucubration. Une de plus…

                Pour répondre à votre question : non, je n'ai été informé d'aucune plainte me concernant.

                Précisons également qu'il n'y a toujours eu aucune réaction à cet article de la part de l'AFPA.

                Répondre

          • > Des preuves ?
            9 décembre 2005, par neyma du 12
            non

            non pa tjour car sa ne laisse pa souvent des trace

            Répondre

  • > « Il y a eu un viol »
    30 juin 2006

    merci ! nous sommes le 30 juin 2006 et aujourd'hui je suis victime de harcèlement moral par l'AFPA et je connais d'autres stagiaires qui n'ont pas le courage de réagir et attendent la fin de leur stage tranquillement mais en pleurant tous les jours à la fin des cours. Quant à moi, je compte aller plus loin...

    Répondre

    • > « Il y a eu un viol »
      1er juillet 2006, par Daniel

      Courage. On peut vous aider.

      Où est-ce que ça se passe ?

      Répondre

Crypto
-rédacteur